20.12.11

Saudade ou pas

(Grève du département iconographique)


Le passage sourd d'un métro de la ligne 2 laisse traîner une vibration dans le sol carrelé et jusque sur les tables d'un café du boulevard de Charonne, où on entend chanter, tiens, encore, Cesária Évora, morte deux jours auparavant dans l'île de São Vicente et dont la magnifique photo dans Libération n'aura pas fait la une pour cause de Václav Havel.
J'interromps ma lecture de La belle amour humaine de Lyonel Trouillot, car je vérifie quand même, conditionné, que cette vibration n'est pas celle de mon smartphone ; nous sommes bien trois à ranger, avec une vague honte complice, l'objet très probable de prochains scandales sanitaires.
Je n'ai pas la nostalgie des îles, des lieux. Je n'ai jamais été et ne serai probablement vraiment jamais chez moi nulle part, géographiquement s'entend. Petit pays, je t'aime sans plus, petit pays je t'oublie, c'est tout. Obrigado Senhora
Cesária d'avoir quand même toujours, "avec cette sorte de lassitude détachée"*, si bien chanté tout le contraire.

* Libération, 19/12/2011.

12.12.11

L'impossible revanche du piéton


En marchant, j'ai entendu quelqu'un penser - bah, sans prétention, cela devait probablement être moi - qu'effectivement la circulation des motocyclistes devait être singulièrement dangereuse sur la chaussée pour les croiser ainsi, et de plus en plus souvent, sur les trottoirs. On ne relèvera alors que la morgue du piéton, qui ralentit ostensiblement le pas quand, à l'improviste, le deux-temps ou quatre-temps vrombit d'impatience dans son dos sur les trottoirs plus étroits. C'est la rentrée depuis longtemps, par ailleurs, il faut bien se l'avouer. Et il s'en est passé des choses. La primaire socialiste a accouché d'un Merkozy. Devant chez le boucher, un vieil anarchiste bramait que "Ah ah, l'Allemagne avait de nouveau les moyens d'être nazie et la France, ben tiens, d'être collabo". Bon. Il y a eu un mort dans un incendie d'un foyer d'immigrés de la rue des Pyrénées. A peu près dans l'indifférence générale - pas de marche "blanche". A peu près, parce qu'une dame de la même rue, humant le fumet humide et triste à deux pas du Père-Lachaise réussissait à prononcer ces paroles jusqu'à, malheureusement, mes oreilles : "Moi je m'en tape qu'il y a eu un mort la-d'dans !" Que penser ? Qu'elle croise un scooter le jour d'une élection peut-être ?

24.8.11

7.6.11

Un euro sur Martine, un congé paternité très longue durée pour l'autre.



En 1981, j'étais - un chouia - trop jeune pour voter François Mitterrand. La droite promettait des chars russes à Paris. "Même pas!" comme dit ma fille de quatre ans: la droite tenait déjà des promesses qui n'engageaient que ceux qui les croyaient.

En 1988, j'avais pu le faire. Bon, l'enthousiasme était un brin retombé. Mais on ne boude jamais complètement son petit plaisir en démocratie tant qu'il y en a (de la démocratie). En 1995, je votais Jospin pour la dernière fois...

Parcours du combattant

En 2002, où j'avais voté Taubira au 1er tour, j'ai dû voter au second tour pour Chirac et en 2007 pour l'illuminée du Poitou (Ségolène Royal). Cette dernière avait été désignée au prix de 20€ par les "nouveaux militants" du PS, encouragés en ce sens par une presse "mainstream" qui l'avait portée aux nues pour les primaires et qui, une fois le volatile lâché, avait eu beau jeu de la dézinguer à chaque virgule de ses déclarations. 

Pour 2012, tout électeur et électrice qui le souhaite est invité(e) à désigner le candidat PS à la présidentielle, moyennant un euro. La presse "mainstream" nous avait déjà désigné son nouveau favori, DSK, le candidat "de tous les espoirs de la gauche". Tous? Non. Je m'apprêtais pour tout dire à résister mollement ici sur quelques pixels carrés, avec pour seule potion magique quelques cachets de paracétamol. Mais la candidature de DSK, mitonnée aux petits oignons entre deux portes (mettons une de Sofitel et une autre de Porsche) s'est donc quelque peu vaporisée.

Cette même presse est furieuse, elle somme le PS de faire quelque chose : à quoi servent ces foutues primaires désormais brame-t-elle ? Eh bien répétons-le: toujours à désigner le candidat du PS pour la prochaine présidentielle.

Une "Angela Merkel de gauche",
c'est un compliment.

A ce jour, où tous les candidats ne se sont pas encore déclarés, j'en suis à me dire que Martine me paraît, elle, avoir le bon profil, une sorte d'Angela Merkel de gauche. Par les temps qui courent, c'est un compliment. Entre Martine Aubry et Hollande, je porte mon choix sur la plus expérimentée. Hollande est le nouveau favori parait-il ? Et bien mesurons cette fameuse réalité avec les primaires prévues et que la meilleure gagne. Toutes les informations sur les primaires du PS ici

19.5.11

Boro in The Box, la bande annonce.

Le moyen-métrage du cinéaste Bertrand Mandico, "Boro in the Box", sélectionné à Cannes dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs sera repris au Forum des Images le jeudi 2 juin à 19h (en présence de l'auteur). Et pour voir l'affiche, hop, laissez-vous accueillir comme il se doit par le personnel, raffiné lui-aussi, du Grand Hotel Kinshasa : elle est exposée dans le salon d'honneur (celui où on peut fumer des Boro).Vous pouvez enfin découvrir l'univers singulier et particulièrement élégant de Mandico sur son propre site.  

17.5.11

Hot Topic

Le "festival de Kahn" n'emportera pas tout. Ce 17 mai était une journée internationale dédiée à la lutte contre l'homophobie (des infos ici). Une bonne occasion de (ré)écouter Le Tigre.

De la présomption du non sens



Perp walk
n.
The deliberate escorting of an arrested suspect by police in front of reporters and television cameras, especially as a means of pressuring or humiliating the suspect.

Cette photo était a priori interdite de publication en France. Que signifie encore « en France » sur Internet ? Je n’en ai pas la moindre idée. Je suppose qu’une adresse IP est un domicile légal mais je ne suis pas assez geek et juriste pour bien comprendre tout ça. Ce dont je peux me souvenir, c’est que toutes les lois françaises souhaitant protéger la présomption d’innocence n’ont pas été rédigées par des élus soucieux du sort du menu fretin des justiciables, mais pour des collègues et autres notables pris de temps à autres dans des affaires souvent dites de « non enrichissement personnel ». On se souvient aussi du glissement sémantique du mot « inculpé », pourtant simple et clair, transformé en « mis en examen ». Tout ça est vain, mais cette confiance désuète dans le pouvoir des mots, de la litote, reste quand même touchante.