2.2.12

Pourquoi une revue ?

En septembre 2011 au Monfort, Cassandre fêtait ses 15 ans.

Cette interrogation sera l'objet d'un "Grand débat" ce lundi 6 février 2012 à 19h30 au MOTIf, l'observatoire du livre et de l’écrit en Ile de France (si si, ça existe, au 6 villa Marcel-Lods, passage de l’Atlas, Paris 19è, métro Belleville) avec Patricia Osganian, membre du comité de rédaction de Mouvements et André Chabin, animateur du réseau Ent’Revues et l'équipe de Cassandre/Horschamp




"Les revues sont l’émanation d’une recherche collective, elles ont joué dans notre pays un rôle très important dans le débat intellectuel et politique et la construction d’une culture commune. Quelle nécessité à l’origine de la création des revues Cassandre/Horschamp en 1995 et Mouvements en 1998? Pourquoi avoir choisi cette forme particulière? Quel rôle doivent jouer les revues dans le nécessaire travail de résistance et d’invention culturelle?

Il est demandé gentiment de prévenir de sa présence à resa@horschamp.org

27.1.12

Vwazin i akout' a nou !


Ah mais on en trouve des perles sur le net quand on cherche un brin : on écoutera l'actrice réunionnaise Rachel Pothin lire, entre autres, ici un extrait du roman de Pierre-Louis Rivière "Note des derniers jours" (Orphie éditions) et un extrait de la pièce d'Emmanuel Genvrin "Lepervenche" (avec en bonus track le célébrissime "Ti train" chanté par le regretté Arnaud Dormeuil). Vos oreilles en redemanderont.

24.1.12

E la nave non va più


Jean-Luc Godard n’a pas voulu, selon Télérama, commenter la « coïncidence » : le Costa Concordia avait été, avec une station-service Suisse et un lama, l’une des grandes vedettes de son dernier film en date, « Film socialisme ». Un prétexte comme un autre pour placer dans ce blogue, un titre en italien (grazie mille Silvia !) et une bande annonce du film de Godard, ne lui en déplaise.



A noter aussi pour les amateurs de croisières méditerranéennes, s’il en reste, la suggestion de visionnage d’un autre film de belle envergure, « Um filme falado » (Un film parlé) de Manoel de Oliveira.





Et, bien sûr, en mémoire du maestro italien, cet extrait de "E la nave va". 

19.1.12

"Chin" sur France Ô, c'est la "fèt sinwa" !


France Ô diffusera dans la nuit de ce samedi 20 au dimanche 21 janvier, peu après minuit, une captation de l'opéra Chin du Théâtre Vollard. "Chin" pour "chinois" - donc on prononcera "chine" - surnom de Paul Vergès jeune, grand manitou en devenir de l'île de la Réunion (il en aura été longtemps le président de la Région); oui, ce même Paul Vergès, dont Jacques Vergès (l'avocat) est le frère, qui eut le privilège de présider le Sénat le 1er octobre 2011, quand celui-ci rebasculait - enfin - à gauche.



A l'heure de la décolonisation dans le monde, le jeune Paul Vergès s'associe avec un vieux pétainiste pour sauver l'usine de ce dernier des griffes du "gran kapital", rassemblant ouvriers et petits planteurs, et lancer subséquemment son parti communiste pays. Des larmes, du sang, des pleurs, des femmes, des jeeps, des jupes : un opéra "Mad Men" sur une composition de Jean-Luc Trulès qui confirme depuis le premier opéra du théâtre Vollard, "Maraina", une belle ambition et une maîtrise musicale de plus en plus époustouflante. "Cours Semitane ! Cours..."



Le seul petit bémol, c'est l'heure - minuit quarante - de la programmation ; certes pas complètement insupportable en Zoreillie, mais 3h40 du matin pour La Réunion, ce n'est pas gentil. Dommage, parce que l'opéra est diffusé dans le cadre de l'émission "Multiscenik" présentée pourtant comme suit : "C’est votre rendez-vous avec le spectacle vivant tous les dimanches soirs à 21.35 [souligné par nos soins] sur France Ô ! Depuis 2008, ce programme propose du spectacle vivant[sic] aux téléspectateurs. Il est présenté par Greg Germain, qui, avec Axe Sud, est chargé de la programmation et de la production exécutive de la seule case qui diffuse du spectacle vivant en prime time toutes les semaines."

Bon. Quand bien même on apprendrait que la diffusion de cet opéra ne tiendrait, mettons, qu'à son titre et à la proximité du nouvel an chinois, cela ne nous empêchera pas de veiller la télé, même "in vié lèr" ! Des informations complémentaires ici et .



Compte-rendu de diffusion (24.01.2012)

On ne sera pas bégueule :  les moyens mis en œuvre par France Ô pour la captation de cet opéra réunionnais ont été franchement à la hauteur. Sobre, efficace, la mise en scène de Greg Germain ne souffre, parce qu’il faut quand même pinailler, que de quelques contre-plongées ni heureuses, ni nécessaires, symptômes d’un filmage qui se voulait probablement « cinématographique » : du coup, dans des plans moyens, on va parfois jusqu’à étêter les personnages et/ou leur couper les pieds, comme pour refuser au téléspectateur le plateau de la scène. Quelques ellipses surprendront le spectateur des représentations réunionnaises ou parisiennes ; les petits morceaux délicieux de musiques quasi concrètes que Jean-Luc Trulès nous a gratifié  en guise de transitions ont été supprimés au montage pour cette diffusion à la télévision. On espère que la version du DVD  sera un peu plus généreuse en la matière. Il est à noter que les chanteurs n’ont pas eu à souffrir des « gros plans » ou plans rapprochés, bien au contraire, et ce n’était pas la moindre des émotions que de redécouvrir des visages aussi rayonnants que celui de la soprano malgache Holy Razafindraka par exemple.

[crédit photo : Ph. Moulin]

28.12.11

Le mur du çon toi-même

Des CRS ont suppléé le personnel gréviste du département photo.


Le vénérable palmipède a cru bon décerner (n°4756, 21/11/2011) son « Mur du çon » à Eva Joly - une guirlande de plus sur son sapin de Noël - pour ses commentaires à propos d'un sondage qui classerait, à sa grande consternation, Anne Sinclair en tête des femmes dites « de l'année », et de citer donc en exemple Christine Lagarde comme étant tout à fait à même de figurer devant l'Anne Sinclair dans un tel classement. Mais pourquoi Eva Joly n'aurait-elle pas le droit de choisir, ne serait-ce que par ironie, entre deux femmes de droite, celle dont l'importance des fonctions successives aurait dû placer a minima devant l'autre, quand bien même l’une et l’autre ne doivent in fine leur « position » au destin du même homme, DSK, croqué goguenard par Delambre en une du même Canard ? N'ont-ils rien dit cette semaine-là, je ne sais pas moi, Xavier Bertrand (l’homme qui marmonne à l’oreille des chiffres du chômage) ou encore Nicolas Sarkozy (l’homme qui a transformé la France en préfecture de police) pour remonter le çon ?

21.12.11

A l'écoute du vaste monde


En attendant que le second roman* du dramaturge et romancier réunionnais Pierre-Louis Rivière ne paraisse (chez qui sera de fait, à n'en pas douter, le meilleur éditeur de la place), l'auteur a été invité à faire la lecture d'un passage, et nous de l'écouter avec délectation. L'image ci-dessus fait le lien avec la page France Culture concernée.

* et non, si je ne m'abuse, la "pièce de théâtre", comme mentionnée sur le site de France Culture ; Pierre-Louis Rivière est aussi l'auteur de "Note des derniers jours", disponible chez Orphie en réédition !

20.12.11

Saudade ou pas

(Grève du département iconographique)


Le passage sourd d'un métro de la ligne 2 laisse traîner une vibration dans le sol carrelé et jusque sur les tables d'un café du boulevard de Charonne, où on entend chanter, tiens, encore, Cesária Évora, morte deux jours auparavant dans l'île de São Vicente et dont la magnifique photo dans Libération n'aura pas fait la une pour cause de Václav Havel.
J'interromps ma lecture de La belle amour humaine de Lyonel Trouillot, car je vérifie quand même, conditionné, que cette vibration n'est pas celle de mon smartphone ; nous sommes bien trois à ranger, avec une vague honte complice, l'objet très probable de prochains scandales sanitaires.
Je n'ai pas la nostalgie des îles, des lieux. Je n'ai jamais été et ne serai probablement vraiment jamais chez moi nulle part, géographiquement s'entend. Petit pays, je t'aime sans plus, petit pays je t'oublie, c'est tout. Obrigado Senhora
Cesária d'avoir quand même toujours, "avec cette sorte de lassitude détachée"*, si bien chanté tout le contraire.

* Libération, 19/12/2011.