"La richesse est internationale et la pauvreté nationale, c'est ça la mondialisation."
5.12.10
Totale incrédulité et un peu de bruit
Les méandres d'internet sont impénétrables, et ce qui suit ne surprendra pas le moins "geek" d'entre-vous : en tapant l'adresse de mon propre blog dans la barre de navigation - oui, je la tape encore parfois - j'ai inversé le "s" et le "p" de "spot". Cette coquillette - "blogpsot" donc au lieu de "blogspot" - m'a directement conduit sur une page entièrement consacrée à... la bible dans tous ses états. Les poisons comestibles se nichent donc bien partout.
Pour ne pas effrayer de trop les brebis égarées sur mon blog, car les voies sont impénétrables dans les deux sens, j'ai donc mis en exergue de ce message le petit livre épatant de John Kennedy Toole, que l'on trouve aussi en français chez 10/18. J'en garde un souvenir de lecture presque aussi émouvant que son terrible chef d'oeuvre, "La Conjuration des imbéciles".
Pour conclure ma semaine cléricale, j'ai cherché sur Youtube un clip potable du "Bad Religion" de Motörhead (me rappelant une époque où filaient les paysages de long de l'autouroute A10), afin d'illustrer le message de soutien à Walid Husayin. Je n'ai rien trouvé de mieux que ça, parce que "Bad + Religion" servent aussi de mots clés à plein de roquets évangélistes. C'est mal, ils finiront en enfer.
3.12.10
Tati foot.
En 1978, le Sporting Etoile Club de Bastia roulait en Simca Horizon jusqu'en finale de la Coupe UEFA, l'équivalent de l'Europa Ligue actuelle. A l'époque la finale se jouait en matches aller et retour.
Jacques Tati a filmé la ville et les supporters de Bastia, mais ce n'est qu'au début des années 2000 que les rushes exhumés par la Cinémathèque de Bastia sont montés par sa fille, Sophie Tatischeff. Le court-métrage a fait l'objet d'une édition offerte avec le plutôt pas mauvais magazine So Foot il y a quelques années. Vingt-cinq minutes, ça peu paraître un peu longuet, mais quelques passages valent franchement le détour, particulièrement ceux liés à l'état du terrain. Et puis, pour vous féliciter d'être allés jusqu'au bout, de merveilleux chants muvrinesques sont au générique de fin. Mafiiioooôôôoosâââââ ! Ah, mince, je ne connais pas les paroles...
2.12.10
Libérez Walid, nom de dieu !
Sous le titre impeccable « Dieu n’existe pas, Walid est son prophète », Appollo attire notre attention dans son blog sur le mauvais sort réservé à Walid Husayin, coiffeur palestinien de 26 ans, emprisonné par « les services secrets palestiniens » pour s’être exprimé avec assiduité sur le net contre la religion.
A l’exception d’un article un brin condescendant dans Le Monde, mais c’est déjà ça, et une page Facebook ici qui réclame sa libération, on ne sait trop comment contribuer à sa libération au plus vite des geôles palestiniennes, mais il nous semble que toutes les initiatives soient les bienvenues.
Un lecteur parisien du blog me fait savoir par exemple qu’il a adressé pour sa part un courriel à sa député, Madame George Pau-Langevin (PS, ancienne du MRAP, ndlr) pour que le gouvernement français soit interpellé à ce sujet. Notre lecteur procédurier est confiant, il a déjà reçu aussi sec cette réponse : « Votre message a été transmise (sic) à l'équipe de Mme la Députée. Nous vous répondrons dans les plus brefs délais, merci de votre intérêt. ».
Sans être certain, compte tenu du climat climatique et politique de La France actuelle, que ce soit la meilleure destination pour Walid en attendant des jours meilleurs, mais a minima, la France s’honorerait – enfin – à réclamer sa libération sans délais et à lui offrir l’asile politique au nom de la liberté d’expression, de la liberté tout court.
Tienbo Walid !
1.12.10
La poésie, c'est gratuit.
Parce que je porte un soin tout particulier à la qualité de l’iconographie de ce blog et que, par ailleurs, je ne souhaite pas mégoter mes efforts quand il s’agit de promouvoir autant que faire se peut la poésie - quand bien même l’événement me restera inaccessible - je ne résiste donc pas à la tentation (et je me délivre du mal) de partager avec vous ce document qu’un lecteur bien intentionné du blog a eu la bonne idée de m’adresser.
Je devine votre perplexité. Sachez que l’homme sur la gauche de la photo, pour les plus mécréants – et/ou les moins réunionnais - d’entre-vous, est l’évêque de l’île de La Réunion, Mgr Aubry. Il a - donc - été entendu en qualité de témoin sur quelques affaires de pédophilie au sein de l’église réunionnaise.
L'évêque a ensuite disparu de la circulation, une sorte de marronnage qui a dû tenir quelques bigots en haleine : mais où donc l'évêque avait-il pris la fuite? Il a éprouvé le besoin de se ressourcer se justifiera-t-il, devant tant d’adversité, qui lui a fait un mal de chien – d’ailleurs, il se décrit lui même comme «un chien dans une poubelle». C’est dire où peut vous mener la foi (en l’occurrence à l’île Maurice finalement, selon ses dires : ouah, ouah !)
Comme l’homme est poète à ses heures perdues, grand admirateur d’Evariste de Parny*, il souhaite tenir La Réunion en haleine par l’étalage de ses états d’âme, de sa grande souffrance morale : la posture médiatique du sieur dans l'île aux supposés "90% de catholiques" finit par occulter les affaires de pédophilie elles-mêmes : les petites victimes de l'église réunionnaise doivent en être encore toutes contrites. Enfin, la justice suit son cours et l’église s’est même constituée partie civile, défense de rire.
L’entrée est gratuite. Chic, vous allez pouvoir y emmener les enfants.
L'évêque a ensuite disparu de la circulation, une sorte de marronnage qui a dû tenir quelques bigots en haleine : mais où donc l'évêque avait-il pris la fuite? Il a éprouvé le besoin de se ressourcer se justifiera-t-il, devant tant d’adversité, qui lui a fait un mal de chien – d’ailleurs, il se décrit lui même comme «un chien dans une poubelle». C’est dire où peut vous mener la foi (en l’occurrence à l’île Maurice finalement, selon ses dires : ouah, ouah !)
Comme l’homme est poète à ses heures perdues, grand admirateur d’Evariste de Parny*, il souhaite tenir La Réunion en haleine par l’étalage de ses états d’âme, de sa grande souffrance morale : la posture médiatique du sieur dans l'île aux supposés "90% de catholiques" finit par occulter les affaires de pédophilie elles-mêmes : les petites victimes de l'église réunionnaise doivent en être encore toutes contrites. Enfin, la justice suit son cours et l’église s’est même constituée partie civile, défense de rire.
L’entrée est gratuite. Chic, vous allez pouvoir y emmener les enfants.
* Ha, on me murmure que non…
23.11.10
Du béton et des danseuses.
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| © Rodrigo Pederneiras - Grupo Corpo |
J’ai toujours aimé les danseuses. Je pense pouvoir en reconnaître dans le métro, à un je ne sais quoi de gracieux et de véloce dans le lancer de genoux quand elles marchent, les pieds en dix heure dix… Essayons une introduction moins stupide : j'ai toujours eu beaucoup de tendresse pour les danseuses, qui font à n'en pas douter l'un des métiers les plus difficiles de tout le spectacle vivant* . Les danseurs aussi sont intéressants.
A la faveur de deux invitations gagnées à force de lecture du quotidien Libération et d'une judicieuse proposition de sortie (merci Tanja), cet automne aura été celui de la danse, redécouverte sur différents territoires parisiens du spectacle vivant.
Cap au nord-est, au Centre National de la Danse. Très beau paquebot d’un béton franc et nu, qui contribue à faire de Pantin, le long du canal de l’Ourcq, un bel endroit contemporain avec des morceaux de vieux quartiers autour : les notaires sont contents. Se promettre d’y revenir, de s’y abonner, aux beaux jours, y venir en vélo le long du canal, sous les Grands Moulins de Pantin, qu’on aura longtemps rêvé en lieu culturel aussi, mais « le site a ouvert ses portes en novembre 2009 afin d'accueillir les 3000 salariés de la société BNP Security Services, filiale du groupe BNP Paribas ».
Songook Yakaar
L’invitation était pour « Songook Yakaar » de et par Germaine Acogny ; impressionnante sénégalo-française, décorée de tout ce que la République Française peut offrir en breloques à peu de frais aux artistes du monde (chevalier des Arts et des Lettres, comme Tom Cruise, le scientologue, ou plutôt comme Uma Thurman, c’est plus seyant). Mais Germaine Acogny est très remontée depuis un certain discours présidentiel sur l’Histoire et l’homme Africain. Alors, comme elle en a gros sur la patate, elle décide « de ”danser en plaisanterie”, une coutume vivante en Afrique de l’Ouest permettant de se moquer de soi-même sans épargner les autres. Senghor disait : “L’Afrique apporte le rire au monde !” ». Ah, jusqu’à cette citation de Senghor, ça m’allait bien cette note d’intention. Il est con le nègre du Président, il lui aurait suffit de piquer cette citation de Senghor, et hop, le petit agité avait tout le monde dans sa poche. Le petit spectacle est rondement ficelé, Germaine Acogny occupe sans efforts apparents la scène et les gradins, interpelle le public et obtient même qu’il se lève pour quelques déhanchements salutaires. Elle a de l’allure Germaine, un brin cabotine (elle nous présentera son mari allemand à la fin du spectacle)...
De la danse « proprement dite », il y en eut peu, dans ce spectacle mêlant musique originale et projection vidéo, mais bien assez pour donner envie de découvrir ses chorégraphies à l’avenir avec son Ecole des sables : je retiens une assez émouvante représentation de l’immigration obstinée, obligée ou rêvée (ou tout à la fois) d’un Africain vers un pays qui ne l’aimera pas plus et un geste que je vous reproduirai à l’occasion pour signifier « je suis de passage ». Elle avait envie de parler, Germaine Acogny, de dire ce qu’elle avait sur le cœur. Et c’est vrai que la danse, ça a un côté spectacle muet, et que face à l’adversité, il ne faut pas hésiter à prendre de temps en temps le micro.
Encor
Pour le second spectacle, direction le Théâtre National de Chaillot. C’est encore une chorégraphe remontée qui nous y attend, Catherine Diverrès, longtemps directrice du Centre National de la Danse de Rennes, pour nous proposer « Encor ». Le spectacle est tendu et âpre, répétitif et, parfois, ennuyeux. Quatre bonnes raisons de l’avoir vécu, sans compter une bande son impeccable, je dis bande son à bon escient comme « Encor » s’écrit bien sans « e » final. Tendus les muscles et tendons des cinq danseurs et danseuses exceptionnels, âpres les atmosphères proposées, répétitifs les motifs, ennuyeux parfois, mais de cet ennui qui vous travaillera longtemps après la représentation. C’est assurément mon coup de cœur modeste de spectateur néophyte, probablement abusé par une référence Godardienne appuyée : on y danse le madison aussi dans ce spectacle, une belle et franche reprise de la scène de « Bande à Part » avec la voix de Jean-Luc et les seins d’Odile sous le chandail. Un bref extrait du début du spectacle est disponible sur le site de la compagnie ici.
Parabello & Imã
Pour terminer, le Théâtre des Champs Elysées. Pas d’invitation « Libération » cette fois-ci, l’immense salle s’est remplie toute seule comme une grande. On a casqué pour une place au troisième rang avec « visibilité limitée », il doit y avoir des places presque gratuites mais d’où l’on ne peut rien voir je suppose, mais il s’agit des brésiliens et brésiliennes de Grupo Corpo, suffisamment nombreux pour occuper toute la scène et pour que vous ne manquiez rien de ce feu d’artifice musical et visuel. L’investissement est bien rentabilisé, deux spectacles étaient au programme : Parabello (1997) et Imã (2009) et on comprend vite pourquoi le succès : danseuses (et danseurs) virevoltantes et chaloupantes, souriant pendant l’effort. Le Brésil est bien une nouvelle puissance économique… La chorégraphe est un chorégraphe. Beau métier que le sien ! La compagnie bénéficie du soutien mérité de la puissante compagnie pétrolière Petrobras que je salue.
* le lundi 6 décembre 2010 de 14h à 17h au Grand studio du Centre National de la Danse est programmé "Histoire d’os : constitution, traumatismes et prévention"
21.11.10
Lespri la Rodout'
Anglétèr - Frans'... sa pa rienk in mache foutbol, sa Listwar madam' méssié, ek in gran "L".
Moin la entan' in soz.
Dan' tan ban' zanglé ek fransé té i may si locéan, si zot gran bato la vwal, zot té i koz in pé pou sof lambians', sou zot kwafir sévé poupèt' Barbie, zist avan lo kanon té i pète lo fé.
Lo zanglé la larg son kozé: "A zot ban' Fransé, zot i batay pa pou lonèr, zot i batay rienk pou larzan".
Lo fransé la aval son saliv in bout, pi lu la di koma :
"Ben, a nou la, nou batay pou sak nou na pa".
Mèrcrodi disèt novanm démildis', la tomb parey :
Anglétèr in - Frans' dé.
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